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Hormones de l’amour : pourquoi on devient accro ?

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Le printemps s’installe, les jours s’allongent et, avec eux, un parfum de renouveau semble flotter dans l’air. C’est la « saison des amours », cette période où l'élan vers l'autre semble plus instinctif, plus irrésistible. Mais avez-vous déjà remarqué à quel point l’amour peut ressembler à une drogue?

Pourquoi avons-nous ce besoin vital de voir l’autre ? Pourquoi l'absence devient-elle une douleur physique ? Aujourd'hui, la science nous révèle que notre cerveau est un dealer d'hormones de l'amour.

Voici comment notre biologie orchestre la passion, l'attachement et cette sensation d'être "accro".


Couple main dans la main en confiance
Lorsque nous tombons amoureux, notre cerveau ne fait pas de distinction entre l'être aimé et une récompense vitale.


  1. La dopamine, hormone de l'attraction


Lorsque nous tombons amoureux, notre cerveau ne fait pas de distinction entre l'être aimé et une récompense vitale. Des études menées à l'Université Rutgers et à Stanford montrent que la vue d'une photo de l'être cher active les mêmes zones cérébrales que la consommation de cocaïne ou de morphine : l'aire tegmentale ventrale et le noyau caudé.


Le chef d'orchestre de cette phase est la dopamine. C’est l’hormone de la motivation et du plaisir. Elle nous pousse à agir, à rechercher la proximité de l'autre pour obtenir notre « dose » d’euphorie. Ainsi, cette hormone, permet l'attraction, la connexion, elle nous pousse à adopter des comportements qui satisferont nos pulsions sexuelles.


Le saviez-vous ? Cette passion initiale agit comme un puissant anesthésiant. Une étude de Stanford a établi que penser intensément à son partenaire peut réduire une douleur physique modérée de 45%.



  1. Les hormones de l'attachement


Après les premiers mois, souvent marqués par une pointe de cortisol (l'hormone du stress liée à l'insécurité de la rencontre), les hormones de l'amour changent. Si le couple dure, la chimie de la passion laisse place à celle de l’attachement durable.


  • L’ocytocine (le lien) : Souvent appelée « hormone de l'attachement », elle est sécrétée lors des caresses, des regards et des rapports sexuels. Elle réduit le stress et favorise la fidélité. Un taux élevé d'ocytocine au début d'une relation est un excellent indicateur de la stabilité du couple six mois plus tard.

  • La vasopressine (la stabilité) : Elle joue un rôle clé dans la mémorisation du visage de l'autre et renforce le désir de protéger le lien. Elle aussi est libérée pendant les rapports sexuels et augmente la proximité entre les partenaires.

  • La sérotonine (le bien-être) : Après deux ou trois ans, elle revient à un niveau normal, remplaçant l'agitation de la passion par un sentiment de sécurité et de paix que l'on appelle l'amour compagnon. La passion cède à un amour plus profond, plus ancré. Raison pour laquelle certains pensent que l'amour dure 3 ans.


Contrairement aux idées reçues, l’intensité des débuts n’est pas faite pour durer. Parce que ce cocktail hormonal est très exigeant pour l’organisme. Selon les anthropologues, l'attraction sexuelle garantit la procréation, et l'attachement permet au couple de protéger un enfant dépendant. De fait, nous sommes programmés pour créer des liens forts afin d'assurer la survie de ceux que nous aimons.


  1. Pourquoi certaines relations sont si difficiles à quitter?


Si l’amour active les circuits de la récompense, la séparation vient, elle, activer ceux du manque.

Lorsque l’autre s’éloigne ou disparaît, l’équilibre neurochimique est bouleversé : certaines hormones de l'amour liées au plaisir diminuent, tandis que les hormones du stress, comme les corticotrophines, augmentent. Le cerveau entre alors dans un état d’alerte, marqué par l’anxiété, l’agitation et cette sensation si particulière que l’on appelle la « douleur du manque ».


Une récente étude révèle qu'il faudrait entre 4 à 8 ans au cerveau pour que l’empreinte neurobiologique d’une relation s’estompe complètement. Si la majorité des personnes parvient à se reconstruire, il arrive que certaines traces persistent, comme une mémoire émotionnelle durable du lien.


Dans ce contexte, se détacher peut devenir particulièrement difficile. Lorsque le cerveau a profondément associé l’autre à une source de plaisir et de sécurité, et que l’attachement hormonal est déjà installé, la rupture ne se vit pas uniquement sur le plan émotionnel, mais aussi biologique.

D’autant plus que, dans certaines relations, l’alternance entre moments de plaisir intense et phases de manque vient renforcer le circuit de la récompense. Ce mécanisme peut entretenir une forme d’attachement persistant, parfois vécu comme une dépendance, même lorsque le lien devient source de souffrance.



  1. Mieux comprendre les hormones de l'amour pour mieux s'aimer


Comprendre que l’amour est aussi une affaire d'hormones ne lui enlève rien de sa profondeur. Au contraire, cela permet de poser un regard plus doux sur ce que l’on traverse.


L’état amoureux n’est pas fait pour durer éternellement. C’est une étape essentielle, presque fondatrice, qui permet de créer le lien, d’initier la rencontre, de poser les bases du couple. Mais aimer, dans le temps, ne repose plus uniquement sur cette chimie spontanée.

Aimer devient alors un mouvement plus conscient. Vous pouvez choisir de continuer à se rencontrer. Choisir de nourrir le lien. Choisir de vous engager au quotidien malgré les difficultés. Continuer à renforcer le lien d'attachement - grâce à l'ocytocine - par un toucher, un câlin, un rapport intime...



Le printemps peut être une invitation à revenir à l’essentiel, réinvestir la relation, remettre de la conscience là où le lien s’est parfois automatisé.

Prendre soin de son couple, ce n’est pas attendre que ça aille mal. C’est choisir de prévenir plutôt que guérir.


Si vous sentez que votre relation traverse une période difficile, que le lien s’est distendu ou que vous avez besoin de clarifier certaines choses je vous propose un temps pour faire le point ensemble. Un espace pour déposer, comprendre, et envisager la suite avec plus de clarté, de profondeur et de sincérité, vous pouvez me contacter par message à hello@johannaquerin.com ou prendre directement rendez-vous.



FAQ


Pourquoi l’amour fait-il souffrir ?

Parce qu’il active les mêmes circuits que l’addiction, ce qui crée un manque réel lors d’une séparation.


Combien de temps faut-il pour oublier un ex ?

Les études évoquent plusieurs années, parfois jusqu’à 8 ans pour une disparition complète de l’empreinte émotionnelle.


Pourquoi suis-je accro à une personne ?

Parce que votre cerveau a associé cette personne à une source de plaisir et d’attachement hormonal.



Sources




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