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Peut-on aimer et être infidèle ?

« S'il m'aimait vraiment, il ne m'aurait jamais trompé. » Lorsqu'une infidélité est découverte, cette phrase revient souvent. Elle paraît logique. Évidente même.

Dans notre représentation du couple, l'amour et la fidélité semblent aller de pair. Nous avons tendance à penser que si une personne aime réellement son partenaire, elle ne regardera jamais ailleurs. Pourtant, la réalité des relations humaines est parfois plus complexe.

Peut-on aimer quelqu'un et malgré tout chercher ailleurs ce que l'on ne trouve plus dans la relation ?



Une jeune femme allongée sur son canapé, son téléphone à la main, consulte son site de rencontre. Elle est souriante et confiante, signe qu'elle est optimiste quant à ses chances de trouver l'amour en ligne.
"C’est lorsque certains besoins sont non satisfaits que la probabilité d’un comportement infidèle augmente." Yvon Dallaire


Le paradoxe de la passion


Toute relation de couple repose sur des besoins individuels et relationnels. Nous avons besoin de proximité. Mais nous avons aussi besoin d'autonomie. Nous avons besoin de sécurité et de liberté. Nous voulons appartenir à une relation. Mais sans nous perdre nous-mêmes.


Ces besoins opposés coexistent chez chacun d'entre nous. Et ils évoluent au fil du temps. Certaines périodes de vie favorisent davantage la fusion. D'autres réveillent le besoin d'espace, d'indépendance ou d'affirmation de soi.

Lorsque cet équilibre devient difficile à maintenir, des tensions peuvent apparaître dans la relation.

L'un peut se sentir étouffé. L'autre peut se sentir abandonné. L'un réclame davantage de proximité. L'autre cherche davantage de distance. Ces déséquilibres ne conduisent pas systématiquement à l'infidélité. Heureusement.


Mais ils peuvent fragiliser la relation et favoriser la recherche, à l'extérieur du couple, de certains besoins qui ne trouvent plus leur place à l'intérieur.



Quand le couple devient un lieu de devoir plus que de plaisir


Au début d'une relation, le couple est souvent associé au plaisir. On se choisit. On se découvre. On se désire. On partage des moments de légèreté.


Puis la vie s'installe. Le travail. Les enfants. Les responsabilités. Les factures. L'organisation du quotidien. La charge mentale. Peu à peu, certains couples deviennent extrêmement efficaces pour gérer leur vie commune. Ils organisent. Planifient. Coordonnent. Anticipent.

Mais parfois, sans s'en rendre compte, ils cessent progressivement de nourrir l'espace du plaisir.

Les conversations tournent autour de la logistique. Les moments à deux se raréfient. La relation continue d'exister, mais elle devient davantage un endroit de co responsabilités qu'un espace de ressourcement.


Certaines personnes vont alors chercher ailleurs ce qu'elles ne retrouvent plus dans leur vie conjugale : de la spontanéité, de la chaleur, de la nouveauté ou simplement le sentiment d'être à nouveau vivantes.



Quand le narcissisme s'en mêle


Nous avons tous besoin de nous sentir aimés. C'est un désir universel.


Et nous avons aussi besoin de nous sentir désirables. Appréciés. Importants. Séduisants. Le regard de l'autre joue un rôle essentiel dans la construction de l'estime de soi. Certaines périodes de vie peuvent fragiliser ce sentiment. La naissance d'un enfant. La perte d'un travail. Un deuil. Une maladie. Des changements physiques. Une baisse de confiance en soi. Dans ces moments-là, l'attention d'une autre personne peut avoir un effet particulièrement puissant. Elle vient rassurer. Confirmer que l'on plaît encore. Que l'on compte. Que l'on est toujours capable de susciter du désir.


Certaines infidélités parlent surtout d'un besoin de reconnaissance. Elles répondent davantage à une quête narcissique qu'à une quête affective.



Quand l'intimité disparaît


L'amour et la sexualité sont souvent associés. Le contact physique est l'un des cinq langages de l'amour. Cependant, ils ne suivent pas toujours la même trajectoire.


Il existe des couples qui s'aiment profondément mais qui ne font plus l'amour. Parfois parce que le quotidien a progressivement pris toute la place. Parfois parce que les partenaires ne se rencontrent plus qu'à travers leurs rôles de parents, de coéquipiers du quotidien ou de gestionnaires du foyer.

Parfois parce qu'une maladie, un traitement médical ou une difficulté de santé est venue bouleverser la vie intime. Parfois simplement parce que le sujet n'est plus abordé.


Avec le temps, les gestes tendres diminuent. Les caresses deviennent plus rares. Les moments de connexion physique s'espacent. L'ocytocine, souvent appelée "hormone de l'attachement", est moins stimulée lorsque le toucher et la proximité physique disparaissent progressivement du quotidien. Pour autant, le besoin de sexualité ne disparaît pas forcément. Le besoin de désir non plus. Il arrive alors que les partenaires ne vivent plus la même réalité.

L'un s'adapte à cette abstinence. L'autre la vit comme un manque profond. Cela soulève une question délicate. Que devient un besoin lorsqu'il ne trouve plus sa place dans la relation ? Certaines personnes renoncent. D'autres souffrent en silence. D'autres encore cherchent une réponse à l'extérieur du couple.


Non parce qu'elles n'aiment plus leur partenaire. Mais parce qu'une partie importante de leur vie intime ne trouve plus d'espace pour exister.



L'amour ne répond pas à tous les besoins


Nous avons souvent tendance à attendre du couple qu'il réponde à l'ensemble de nos besoins. Être aimé. Être désiré. Être reconnu. Être compris. Être rassuré. Être libre. Être stimulé. Être soutenu. Etc.


Or nous ne sommes pas sur cette terre pour répondre aux attentes de l'Autre. Les besoins humains sont multiples et parfois contradictoires. De fait, l'espace du couple est devenu un endroit où les besoins sont de plus en plus nombreux et les attentes trop souvent irréalistes. C'est donc souvent dans cet espace de désillusions et de frustrations que certaines infidélités prennent racine.


Non parce que l'amour a disparu. Mais parce que l'amour ne suffit pas pour être heureux dans une relation.





Peut-on aimer et être infidèle ? La réponse est probablement oui.


Parce que l'infidélité ne parle pas toujours d'un manque d'amour. Elle peut parler d'un déséquilibre relationnel. D'un besoin d'autonomie. D'une quête de reconnaissance. D'un manque de désir ou de sexualité. Ou encore d'une partie de soi qui ne trouve plus sa place dans la relation. Cette réalité ne rend pas l'infidélité moins douloureuse pour celui ou celle qui la subit.

Mais elle permet d'ouvrir une autre perspective : Qu'est-ce que cette infidélité cherchait à satisfaire que la relation ne parvenait plus à nourrir ? »


Si vous traversez une crise liée à une infidélité ou si certaines questions restent sans réponse dans votre couple, un accompagnement thérapeutique peut vous aider à mieux comprendre ce qui se joue et à retrouver davantage de clarté dans la relation.


Vous pouvez me contacter par message à hello@johannaquerin.com ou prendre directement rendez-vous.




Sources

  • Esther Perel, Je t'aime, je te trompe

  • Yvon Dallaire, travaux sur le déséquilibre relationnel et le paradoxe fusion/autonomie

  • Iris et les hommes, film de Caroline Vignal



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